Mandre Rosse

( Le bulletin de Mandre Rosse de février 2019, ici


MANDRE ROSSE

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Ce pochoir était utilisé sur les sacs de jute servant à transporter le grain.

Nous peinons aujourd’hui à imaginer un monde qui n’existe plus: ni plastique ou électricité, animaux de trait à la place de moteurs, une main d’oeuvre à bas coût, parfois payée en nature. Jusqu’à la fin des années 50’ Mandre Rosse était une ferme où l’on produisait grain et fourrage et élevait bovins et ovins.

 

La ferme était un microcosme régi par des règles et des processus de production très efficaces, la finalité principale étant la survie économique.

 

Dans les années 60’, les paysans fuirent au nord, dans les usines, mon grand-père mourut et mon père et ses frères partirent étudier et prirent d’autres voies. La campagne est demeurée, sans vie. La maintenir devint un luxe, un caprice du coeur, un attachement affectif à la mémoire du passé.

 

Le prix du grain étant trop bas pour couvrir les dépenses, le bétail fût vendu : cela coûtait trop cher de le garder.

 

 

Il y avait une petite oliveraie d’une centaine d’arbres qui servait à la production de l’huile de la ferme. Dans les années 70, elle fut agrandie, avec la conviction que la production d’huile était plus rentable et “simple” que la culture des céréales. Les choses se passèrent différemment: le coût de la main d’oeuvre augmenta énormément et s’efforcer de vendre l’huile à un prix rémunérateur ne faisait plus partie des priorités de la vie.  Désormais, vendre de l’huile était devenu un problème qui se résolvait en appelant un médiateur qui vous faisait “une faveur” en l’achetant pour libérer vos jarres...

 

MANDRE ROSSE

AUJOURD’HUI

 

 

Nous vivons un tournant depuis environ dix ans.

 

Il y a eu les années de formation et presque toujours cette sensation de devoir aborder une pente raide et sans fin.

 

Les oliviers étaient quasiment abandonnés: mal taillés et fragilisés. Le sol argileux, sillonné de profondes fentes et jamais fertilisé...quel malheur!

 

 

Nous avons distribué des cisailles électriques à nos ouvriers pour la taille. S’étant d’abord montrés méfiants, maintenant il ne peuvent plus sans passer!

Fin de l’hiver

Printemps, après les labours

Nous fertilisons le sol avec du fumier et de petites fèveset en été, le gardons sans mauvaise herbe pour prévenir les incendies.

Après cette ascension, nous aimerions que le futur soit un peu plus en descente…


Récolte à la main avec secoueurs de branches, peignes et filets