Dèpliant Français

Chers Amis francophones,

avant de prendre la parole, je voudrais vous lire l'Appel aux militants qui circule, actuellement, en Bretagne, pour préparer l'arrivée des Galline Felici, à Novembre.

Il s'agit d'un texte écrit par des camarades qui ont bien compris le sens profond de nôtre engagement.

 

Des agrumes de Sicile en Morbihan,

à des prix accessibles

Le ConsortiumLe Galline Felici1 est constitué par une vingtaine de petits cultivateurs qui cultivent en respectent la nature et le travail (agrumes, oliviers, légumes), avec des transformateurs et des coopératives sociales de la plaine entre Catania, Siracusa et Ragusa. Depuis treize ans, ce consortium est devenu le fournisseur attitré de plus de 300 Groupes d'Achat Solidaires (GAS), qu'il approvisionne régulièrement en agrumes siciliens, en organisant des transports par route et par mer, vers les régions de l'Italie du Centre et du Nord.

L'alliance entre des petits cultivateurs et les structures de l'Économie Solidaire a fait naître un véritable réseau de distribution alternatif qui absorbe, à prix équitable, une partie importante de la production des membres du Consortium, montrant à tous les petits exploitants exclus de la Grande Distribution que l'abandon de la chimie et la conversion au bio leur permettrait de se maintenir sur l'exploitation et de vivre de leurs productions2.

L'organisation de ce canal de distribution solidaire a eu d'importantes retombées.

D'une part, elle a fait renaître cette petite agrumiculture naturelle qui avait été effacée, depuis longtemps, du paysage sicilien par l'industrialisation et l'artificialisation des cultures.

D'autre part, en augmentant la quantité d'agrumes disponibles, elle a montré que pour assurer des débouchés à un plus grand nombre de producteurs, il était nécessaire d'agrandirle marché de la consommation solidaire, en développant les relations directes producteurs-consommateurs.

Prenant au sérieux les implications politiques de l'Économie Solidaire, défenseur de la biodiversité, de la souveraineté alimentaire, du lien avec la terre, le consortium Le Galline Felici s'est investi, depuis trois ans, dans la construction, à l'échelle européenne, d'un réseau de distribution solidaire3, dont les premiers éléments fonctionnent, déjà, en Belgique, Autriche, France.

En France, des livraisons se déroulent, régulièrement, à Paris, à Lille, Gap-Embrun, Bordeaux, Plouguerneau. D'autres points d'appui sont en cours d'organisation, en collaboration avec les militants locaux de l'Économie Solidaire, à Rouen, Alençon, Blois, Saintes, Toulouse, Foix, Montpellier, Béziers, St Jean du Gard, Moirans.

Les mailles de ce réseau qui organise, d'Est en Ouest, des lignes continues de points de déchargement et de distribution, ne rejoindront Nantes, Rennes, Vannes et la Bretagne que dans un certain temps (une année voire, deux).

À ce moment là, le cout du transport (2500 km de distance), aura été entièrement mutualisé, et les agrumes siciliens, actuellement introuvables, en Morbihan, seront disponibles, à des prix à peine plus chers (entre + 4 et + 6 %) qu'en Italie. Il faudra, toutefois, que la demande locale soit assez développée et structurée pour lancer une commande de 800 caisses de 12 kg (c'est à dire 13 palettes da 64 caisses, soit 9600 kg), avec un seul point de déchargement.

Il semble difficile de réunir, d'emblée, un ordre de 800 caisses, sans, d'abord, amorcer la pompe, par le bouche à oreille.

En attendant que le réseau tricote ses mailles jusqu'au Morbihan, les différents groupes locaux intéressés par les agrumes  siciliens et concernés par l'élimination des intermédiaires et par l'essor de la petite production, pourraient hâter le mouvement et susciter une demande locale, en faisant transiter des commandes de moindre envergure par la logistique solidaire de Corto-Paris. Dans ce cas, la commande d'une seule europalette da 64 caisses (770 kg), avec un seul point de déchargement (aux alentour de Vannes), aurait un surcout de 30 %, par rapport au tarif Italien, pour les produits frais, et de 15% pour les transformés. Comme on peut le voir à partir du tarif (listino 2014/2015) ci dessous, le surcout de 30% lié (provisoirement) au transport, mettrait les oranges rouges (Tarocco, Moro, Sanguinelle), les Navelines et Valencia à 1,78€/kg. et les Vanille à 2,30€/kg. Quand le réseau aura été complété, ces prix respectifs ne dépasseront pas les 1,50€/kg et 1,80€/kg.

 

Ce faisant, les militants Bretons de la consommation citoyenne joueraient un rôle actif dans l'élaboration de ce réseau européen de distribution alternative, contribueraient à amplifier la demande européenne de produits bio et pourraient exercer une fluence directe sur la renaissance de la petite agrumiculture bio sicilienne.

Sans compter que, comme l'enseigne l'expérience accumulée par le Consortium Le Galline Felici, le tissage d'un réseau de distribution alternatif constitue un facteur d'agrégation important car, en confrontant différents acteurs de l'Économie Solidaire d'un même territoire, parfois étrangers les uns aux autres, aux mêmes contraintes logistiques, il favorise la densification des échanges et des collaborations.

 

Plutôt que de donner des sous à la Grande Distribution, achetez nos agrumes, aidez-nous à sauver les petits cultivateurs qui restent, à convertir les autres au bio, à désintoxiquer la terre, à redonner sa place à la légalité, à créer du travail (et, en supplément, vous aurez des fruits sains, non empoisonnés, à des prix le plus bas possible).

1 - Le Consortium (CA : environs 1,4 million di euro, pour un millier de tonnes), mutualise les contacts avec les réseaux de l'ES, et organise la logistique des livraisons. Conformément à l'esprit de l'Économie Solidaire, il reverse au producteur environs 50% du prix de vente, pour les produits frais et environs 70% pour les transformés, sans prélever aucun pourcentage.

2 - Pour encourager les petits agrumiculteurs conventionnels à se dégager de la chimie et se convertir à l’agriculture biologique, les structures nationales ou locales de l'Économie Solidaire leur proposent des cours de formation et s'engagent à absorber leur production.

3 - 40 % de la production des membres du consortium est déjà écoulée en France et en Belgique, libérant, ainsi, un espace de marché équivalent pour les nouveaux producteurs, convertis au bio.