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Cesare Melfa

 

Entreprise agricole “Don Cecé” de Cesare Melfa

 

Je suis mi-sicilien, mi-sican. Du côté de mon père j’ai hérité une oliveraie derrière le lac de Pergusa (province de Enna), du côté de ma mère une citronneraie située entre l’Etna et la mer de Acireale (province de Catane), où j’ai décidé de m’installer en restructurant une vieille habitation selon les principes de la bioarchitecture.

 

Avec mes deux parcelles de respectivement 7000 et 10 000m2 – que mes grands-parents avaient données à mes parents – ma passion et mon amour pour la terre me poussent à cultiver de manière naturelle, en expérimentant des techniques de culture biologique et régénérative, avec un intérêt pour la permaculture mais sans jamais oublier l’agriculture traditionnelle. Les citrons, variété Zagara blanc, certifiés bio depuis 2003, représentent la ressource principale de notre entreprise… si vraiment il faut parler « argent ». En réalité, c’est la biodiversité de cette belle terre, avec ses fruits et ses légumes, qui est notre plus grande richesse. Elle réjouit le palais de grands et petits, satisfait les besoins familiaux tout en offrant la possibilité de partager les surplus avec la famille élargie et les proches.

 

Grâce à la spécificité du sol et du climat de l’Etna, j’ai pu planter dans ma citronneraie des avocats, que j’ai produits essentiellement à partir de semis - avec un regard tourné vers le passé et aussi vers le futur.

 

Enfant, j’aimais jouer à me « salir » avec la Terre. Depuis mon plus jeune âge, j’ai observé les saisons et aidé le raisin à devenir vin. En grandissant j’ai découvert que les arbres de citrons ont parfois des épines, et c’est à la campagne que j’ai appris que je pouvais faire beaucoup de choses avec mes mains. Je me suis diplômé en architecture, j’ai travaillé pendant sept ans dans le social et en tant que guide environnemental et de randonnée, puis je me suis spécialisé en planification territoriale, environnementale et urbanistique et j’ai vécu deux ans en Espagne. Mais ce fut au cours d’une brève parenthèse dans le nord de l’Italie que mes pensées ont rejoint la réalité des GAS, alors que je me voyais si loin de ma Sicile en pensant à ces citrons dont la « valeur » ne dépasse que quelques centimes. Ce fut alors que je rêvai, pour la première fois, d’être une toute petite Gallina Felice dans son poulailler.