Mandre Rosse

Le bulletin de Mandre Rosse (la présentation de la ferme, ici)


2018: LE DÉSASTRE!


En mai 2018, des pluies diluviennes ont fragilisé et fait tomber la plupart des fleurs des oliviers. La pluie a continué à tomber jusqu’à fin novembre, favorisant le développement de divers types de parasites, parmi lesquels “la teigne” - jamais eu avant! - et la mouche de l’olivier, habituellement peu présente. Les piqûres des insectes ont fait pourrir et tomber le peu d’olives qui restaient sur les arbres. Finalement, nous avons récolté seulement 6 quintaux d’olives, donc rien comparé à notre production habituelle oscillant entre 300 et 500 quintaux.

Nous avons donc produit 70 litres d’huile alors que nous en produisons ordinairement entre 4.000 et 5.000 litres.

La récolte qui dure normalement 4 à 6 semaines a duré cette année 24 heures.

La quantité moyenne de pluie annuelle est de 630 millimètres. En 2018, en seulement six mois, 560 millimètres de pluies sont tombés.




DÉTÉRIORATIONS CLIMATIQUES  A MANDRE ROSSE

                       2018

ANNÉES PRÉCÉDENTES

PLUIE

560 mm (en 6 mois)

630 mm (par an)

OLIVES

6 qL

300/500 qL

HUILE

70 L

4.000/5.000 L

RÉCOLTE

2 gg

30/40 jours


Heureusement, la récolte de 2017 avait été bonne qualitativement et quantitativement et nous avons pu satisfaire la demande en produits, et notamment grâce à la méthode de conservation qui réduit au minimum le vieillissement de l’huile: récipients en inox gardant une température constante de 17°.






HUILE IGP DE SICILE


Depuis plusieurs années, nous nous efforçons en Sicile d’obtenir une reconnaissance européenne protégeant la qualité de notre huile     (IGP= indication d’origine protégée). La reconnaissance d’une huile produite INTÉGRALEMENT en Sicile, expression d’une tradition millénaire et, en même temps, extraite dans le respect de critères de qualité très élevés, garantis par un système de contrôle à 360°, de l’arbre jusqu’à la bouteille.

La communauté européenne, après de longues et laborieuses démarches a accepté notre demande de 2016. Quand nous avons lu sur le protocole officiel les caractéristiques que l’huile devait comporter pour être labellisée IGP DE SICILE*, nous nous sommes dit: “C’est exactement nous!”. Nous cultivons en Sicile, produisons l’huile en Sicile avec nos olives uniquement, récoltons en avance parce que nous voulons une huile de qualité (quitte à perdre en quantité!), le pressoir se trouve en Sicile où nous conservons l’huile dans de grands contenants en acier à une température stable, nos conditions de production étant en totale conformité avec celles requises.

Nous étions alors IGP sans le savoir...

Mandre Rosse a donc demandé à la Région Sicile de faire labelliser son huile “HUILE IGP SICILE”, mais nous avons affecté seulement qu'une partie de nos produits à la certification IGP, parce que la procédure nécessite des contrôles et des temps de validation assez longs pouvant retarder la commercialisation des produits.


Plus particulièrement:

Toutes les étapes de production doivent se dérouler à l’intérieur des frontières administratives de la Région Sicile.

Chaque lot est obligatoirement soumis à des analyses chimiques et organoleptiques par des laboratoires ou des commissions accrédités.

A noter que les paramètres chimiques (Acidité: maximum 0,5%, peroxydes: ≤ 12 mEq02/kg, quantité de polyphénoles: ≥ 100 mg/kg) sont plus restrictifs que ceux normalement en vigueur pour l’huile extra vierge et que, à la différence de ces derniers, les analyses sensorielles sont obligatoires. Et cela parce que le “caractère unique de l’huile IGP SICILE est systématiquement représenté par la présence constante d’odeurs de tomate verte, artichaut, amande et herbe fraîche”.

Enfin et surtout, il est obligatoire d’indiquer sur l’étiquette la saison agricole durant laquelle l’huile a été produite (ex: 2017/18) et de numéroter les bouteilles et les bidons.


Vous trouverez ici l’huile Mandre Rosse IGP sur le site pour demander les produits.


* Les critères fondamentaux permettant d’intégrer les huiles “IGP SICILE” sont contenus dans un cahier des charges et peuvent être résumés comme suit:

- Les olives doivent appartenir à des variétés typiquement siciliennes;

- La période de récolte doit être comprise entre le 1er septembre et le 30 janvier;

- Sont interdits : les produits accélérant la production, la récolte des olives tombées par terre et l’usage de sacs pour le transport;

- Au pressoir, les olives doivent êtres lavées avec de l’eau à température ambiante;

- Sont interdits les moyens chimiques pour l’extraction de l’huile;

- Des limites sont fixées pour la production (pas plus de 100 ql à l’hectare) et le rendement (pas plus de 24% d’huile par kilo d’olive);

- Pressurage maximum 48h après la récolte;

- La conservation doit se faire à l’intérieur de récipients en inox ou matériel similaire avec de l’azote ou de l’argon pour réduire au minimum l’oxydation de l’huile;


 



NOUVELLES PLANTATIONS



Bien que Mandre Rosse ne se trouve pas dans une situation très favorable, nous avons quand même décidé de replanter des oliviers, environ 70, qui au fil des années n’ont pas beaucoup donné pour des raisons différentes (incendies, stagnation des eaux,... malchance!)







Banca Etica / ènostra

                                                       

Conscient que chacun d’entre nous peut apporter une petite contribution à une gestion éco-durable de la planète, nous avons fait le choix de devenir membre et clients de la Banca Etica et d’utiliser ènostra comme fournisseur d’énergie électrique.


Pour finir…


Depuis quelque temps nous nous demandons si oui et comment intégrer la production oléicole. Sur nos terres se développent spontanément tant de belles plantes sauvages: réglisses, asperges, bourraches, câpres, moutarde...Nous aimerions accroître nos ressources économiques en commençant à produire une de ces plantes autochtones, sans bousculer l’équilibre de l’oliveraie et tout en accroissant la biodiversité du lieu. Nous espérons avoir assez d’énergie pour mettre ce projet en oeuvre et que le climat de 2019 soit plus clément que celui de 2018.



 




MANDRE ROSSE

HIER

Ce pochoir était utilisé sur les sacs de jute servant à transporter le grain.

Nous peinons aujourd’hui à imaginer un monde qui n’existe plus: ni plastique ou électricité, animaux de trait à la place de moteurs, une main d’oeuvre à bas coût, parfois payée en nature. Jusqu’à la fin des années 50’ Mandre Rosse était une ferme où l’on produisait grain et fourrage et élevait bovins et ovins.

 

La ferme était un microcosme régi par des règles et des processus de production très efficaces, la finalité principale étant la survie économique.

 

Dans les années 60’, les paysans fuirent au nord, dans les usines, mon grand-père mourut et mon père et ses frères partirent étudier et prirent d’autres voies. La campagne est demeurée, sans vie. La maintenir devint un luxe, un caprice du coeur, un attachement affectif à la mémoire du passé.

 

Le prix du grain étant trop bas pour couvrir les dépenses, le bétail fût vendu : cela coûtait trop cher de le garder.

 

 

Il y avait une petite oliveraie d’une centaine d’arbres qui servait à la production de l’huile de la ferme. Dans les années 70, elle fut agrandie, avec la conviction que la production d’huile était plus rentable et “simple” que la culture des céréales. Les choses se passèrent différemment: le coût de la main d’oeuvre augmenta énormément et s’efforcer de vendre l’huile à un prix rémunérateur ne faisait plus partie des priorités de la vie.  Désormais, vendre de l’huile était devenu un problème qui se résolvait en appelant un médiateur qui vous faisait “une faveur” en l’achetant pour libérer vos jarres...

 

MANDRE ROSSE

AUJOURD’HUI

 

 

Nous vivons un tournant depuis environ dix ans.

 

Il y a eu les années de formation et presque toujours cette sensation de devoir aborder une pente raide et sans fin.

 

Les oliviers étaient quasiment abandonnés: mal taillés et fragilisés. Le sol argileux, sillonné de profondes fentes et jamais fertilisé...quel malheur!

 

 

Nous avons distribué des cisailles électriques à nos ouvriers pour la taille. S’étant d’abord montrés méfiants, maintenant il ne peuvent plus sans passer!

Fin de l’hiver

Printemps, après les labours

Nous fertilisons le sol avec du fumier et de petites fèveset en été, le gardons sans mauvaise herbe pour prévenir les incendies.

Après cette ascension, nous aimerions que le futur soit un peu plus en descente…


Récolte à la main avec secoueurs de branches, peignes et filets